21.05.2008
Dissertation devant le public sur le corps apparent
Le texte qui suit est de Tran Thai Tong (1218-1277). Il était un des fils de Tran Thua, d'une famille de pêcheurs de Tuc Mac (district de Thien Truong, actuellement dans la province Nam Ha) fort appréciée des rois Ly pour avoir réprimé la rébellion de Quach Boc (1209). Tran Thu Do, un des membres de cette famille, devait profiter de ce prestige pour renverser la dynastie des Ly et fonder cette des Tran avec Tran Canh comme premier souverain. Selon les annales, Tran Thai Tong fut un homme généreux et amoureux des lettres. Dès son enfance, il se lia d'amitié avec plusieurs bonzes célèbres et étudia la doctrine de Bouddha. Il a laissé des ouvrages sur le bouddhisme et un certain nombre de poèmes (1).
DISSERTATION DEVANT LE PUBLIC SUR LE CORPS APPARENT (2)
Pour tous les hommes, le corps est la source de la souffrance, sa substance est à l'origine du Karma (3). Considérer le corps comme réel, c'est s'identifier à celui qui reconnaît un brigand comme son propre fils.
Examinons minutieusement la question: où se trouve-t-il, ce corps apparent, avant sa matérialisation par le foetus? L'apparition des désirs engendre les corrélations. Les cinq moyens de conscience (4) rassemblés donnent naissance au corps et à la forme, tous les deux aussi faux qu'éphémères.
L'on oublie le vrai et la base, et l'on considère comme réel le mensonge et le faux. Alors, garçons ou filles, qu'ils soient beaux ou laids, tous s'élancent éperdument, lâchant la bride à leurs désirs et aucun ne pense à revenir sur ses pas pour retourner à son être véritable. Dans cette course effrénée sur la route de la vie et de la mort, ils perdent toute leur nature originelle. Les yeux rivés à la perception du monde extérieur, personne ne pense à détourner la tête et à regarder en lui-même. Soumis à la loi du changement continu dès la naissance, partout et toujours, chacun ne fait que parler de rêve, tout en rêvant. S'agitant et se démenant, chacun prend le faux pour le vrai, tourne le dos à la doctrine du Néant et recherche l'Apparence.
On pare de fleurs et de jade ce crâne nu comme un puisoir, on parfume de musc et de santal cette poche de peau fétide qu'est le corps. On taille de la soie fleurie pour envelopper ce sac de pus et de sang, on met du fard sur cette tinette de matières fécales. Toutes ces parures extérieures cachent un fonds d'ordures. Incapable d'avoir honte de ce corps malsain, pis encore, on lui voue un véritable culte.
Les humains en grande majorité sont comme des marionettes mues par des ficelles. Maniés, ils semblent bien vivants; laissés à eux-mêmes; c'est la mort véritable. Les ruses et les stratagèmes proviennet de l'offensive des six brigands (5). On ne se soucie guère de l'arrivée prochaine de la vieillesse, de la maladie, de la mort, on se livre aux passions de l'alcool, de la concupiscence et de l'argent. Pour des avantages mesquins plus petits qu'une tête de mouche ou une corne d'escargot, on se résigne à être mis aux fers de l'interêt et enchaîné par les rênes des honneurs. Le jour se passe à poursuivre les vains plaisirs, la nuit est tourmentée par des cauchemars. S'accumulent les mauvaises actions, comme des couches de boue au fond d'un puits, sans que l'on prenne conscience que déjà les cheveux blanchissent comme du givre.
Un beau matin, la maladie contractée s'exaspère et la vie de cent ans se réduit à un grand songe. Les entrailles vous torturent comme d'inplacables ennemis, le corps évoque celui d'un diable mort de faim. Pourtant, on cherche encore à faire des sacrifices en vue de prier les esprits et de changer son destin, mais on ignore qu'une telle action entraîne la mort des animaux et porte atteinte à la vie (6). Aspirant à une existance aussi longue que les pins séculaires, on oublie que son corps n'est rien moins qu'une maison délabrée.
Les esprits vitaux se rendent déjà aux enfers, mais le cadavre reste parmi le monde humain. Les cheveux et les poils, comme les ongles et les dents, n'ont pas encore le temps de se décomposer, que déjà les sécrétions et les mucus apparaissent. La putréfaction commence par le pus et le sang, les miasmes infectent ciel et terre. Qu'elles sont horribles à voir, ces enflures noirâtres, comme ces marques bleues! Riches et pauvres, tous sont sujets à la mort. Le cadavre est-il enfermé dans la maison, des vers apparaissent avec la décomposition. Est-il jeté sur la grande route, il sera la proie des corbeaux comme des chiens. Le passant doit se boucher le nez en poursuivant son chemin, le fils pieux verse un panier de terre pour cacher le corps. Les ossement une fois ramassés et enterrés, le cercueil est confié à la garde d'une luciole solitaire, la tombe est abandonnée dans les montagnes désertes, à dix mille lieues de distance. Le visage rose couronné de cheveux bleus d'autrefois devient de cendre verte mêlée à des os blancs.
Tran Thai Tong, extrait du Khoa Hu Tap ou Livre de la pratique du vide.
(1): Traduction, présentation et notes (pour partie) extraites de Mille ans de littérature vietnamienne, une anthologie paru aux éditions Picquier poche.
(2): Terme bouddhique: le « corps apparent » (sac than) est l'opposé du « corps réel » (chan than).
(3): Nghiêp: Karma. Acte psychique, bon ou mauvais de la vie présente, qui entraîne rétribution ou sanction dans l'existance suivante – Enchaînement des causes qui produit les renaissances successives.
(4): « Ngu uân », terme bouddhique désignant les cinq moyens de prise de conscience du monde extérieur: sensation, perception, imagination, action, connaissance qui en « se rassemblant », engendrent le corps.
(5): « Luc tac »: les six sources de la tentation, considérées comme les six ennemis de la perfection bouddhique: la beauté, les sons, le parfum, le goût, le toucher, la pensée.
(6): Le Bouddhisme considère toute forme de vie sur un pied d'égalité.
17:33 Publié dans Philosophie, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vietnam, bouddhisme, corps
08.05.2008
Nécrologie
Aimé Césaire et Germaine Tillon nous ont quittés. Ils représentaient à eux deux toute l'étendue de la richesse française, et si Aimé Césaire est plus connu du grand public Germaine Tillon reste à mes yeux une des grandes figures du 20ème siècle. D'une ouverture d'esprit et d'une lucidité stupéfiante, cette « vieille dame » savait comprendre toutes les époques.
Vincent BUI HUU TAI
11:19 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nécrologie, tillon, césaire
17.02.2008
Devoir de mémoire
Il paraît qu'il serait bon pour lutter contre l'anti-sémitisme de confier le nom d'un petit enfant juif mort dans les camps à nos enfants de CM2... Le devoir de mémoire c'est de commencer par s'excuser au nom de l'Etat (et non des français d'aujourd'hui) d'avoir colonisé des pays jusqu'à l'autre bout du globe. M'étant encore fait reprocher mes origines "étrangères" hier, je me permets de rappeler que les vietnamiens, algériens, polynésiens, etc... n'ont jamais réclamé à grand coup de manifestations leur indexation à la France. Je suis pleinement français, et mon père "jaune" est né français à Hanoï car il s'agissait à ce moment-là de l'Indochine. Si des français s'imaginent tellement blancs qu'ils se demandent pourquoi il y a "autant d'étrangers" en France, qu'ils apprennent l'histoire de leur pays.
La Shoah appartient à l'histoire de l'humanité, et la colonisation également. Partageons nos peines et nos douleurs plutôt que de nous opposer.
Vincent BUI HUU TAI
18:50 Publié dans Sarkozy, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mémoire, shoah, colonisation
Laïcité et dissertation générale
Suite aux déclarations successives de Mr Sarkozy, nous pouvons voir un déchaînement des religieux de toute part. Je me permets juste de rappeler que les religions s'appuient sur des textes approximatifs et que la certitude de l'existence d'un Dieu ne regarde que l'individu en son for intérieur. Pourquoi ne pas offrir une telle audience aux polythéïstes grecques ou romains qui ne m'apparaissent pas plus ridicules que les monothéïstes, d'autant plus que juifs, chrétiens et musulmans s'accordent généralement sur l'existence d'un même Dieu perçu sous trois angles différents. La logique consisterait alors à devenir tous musulmans puisqu'il s'agit de la dernière version de ce Dieu unique.
Vincent BUI HUU TAI
18:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religions, monthéïsme
04.02.2008
Corinne Lepage à Lille
Corinne Lepage (ancienne Ministre de l'Environnement et Présidente de CAP 21) sera le Jeudi 7 Février à 19h30 à la mairie de quartier de Lille-Centre, rue des Fossés, pour une rencontre. S'en suivra un pot chez Morel (en face de la Chambre de Commerce de Lille, près de l'Opéra) organisé par les Jeunes Démocrates du Nord.
Vincent BUI HUU TAI
04:15 Publié dans MoDem, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, lille, environnement, modem, jeune
Service public
France 3 proposait ce soir son émission Duel sur la 3, présentée par Christine Ockrent la compagne de Bernard Kouchner, entre Martin Hirsch et.... lui-même. Sans commentaire.
Vincent BUI HUU TAI
00:50 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médias, télé, UMP
27.01.2008
Société Générale
La Société Générale annonce une perte de 4,9 milliards d'euros dûe aux erreurs d'un courtier (Jérôme Kerviel) ainsi que de 2 milliards à cause de le crise des subprimes. Il faut savoir qu'un trader payé 100.000 euors par an n'a pas souvent le pouvoir d'engager autant d'argent, d'autant plus que l'on nous parle d'un positionnement de 50 milliards (alors que la Société Générale n'en pèse en bourse que 35). La crise des sub-prime est un faux problème (car elle n'a que peu d'incidence) en ce qui concerne notre marché français; sans doute conviendrait-il de ne pas trop se moquer de nous.
Vincent BUI HUU TAI
16:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Société Générale, banque, bourse, trader, sub-prime
21.01.2008
Frais de campagne présidentielle
18 janvier 14:43 - PARIS (AFP) - Pour valider les comptes des douze candidats à l'élection présidentielle de 2007, la Commission nationale des financements politiques a passé au peigne fin leurs dépenses, parfois sans lien évident avec le scrutin comme les frais faramineux de coiffure ou de maquillage de Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.
L'Elysée, le 4 avril 2007
AFP/Archives - Patrick Kovarik
La commission a ainsi jugé "manifestement excessifs" les 34.445 euros de frais de maquillage figurant au compte de campagne de M. Sarkozy, considérant qu'il s'agit de "dépenses habituellement de nature personnelle", selon un document publié au Journal officiel le 10 janvier.
Résultat, il n'a accepté de les prendre en compte dans le remboursement accordé au candidat que pour le tiers de leur valeur, soit 11.482 euros.
Même constat et même punition pour les 51.659 euros de maquillage et de coiffure figurant dans le compte de campagne de Mme Royal, eux aussi jugés excessifs", et ramenés à 17.220 euros dans les dépenses donnant lieu à remboursement.
Si ces sommes représentent des gouttes d'eau dans les dépenses totales engagées par les deux finalistes - respectivement 20,962 millions d'euros contre 20,615 millions - la Commission s'est ainsi attachée à débusquer et parfois retoquer toutes celles qui lui paraissaient non conformes ou exagérées.
Ainsi des 53.581 euros dépensés par Mme Royal pour équiper son QG du boulevard Saint-Germain d'appareils de détection pour parer d'éventuelles écoutes, dépense jugée "non spécifiquement destinée à obtenir des suffrages".
Ou encore les 50.073 euros de repas servis au siège de campagne de M. Sarkozy ou pris à proximité dont "le caractère électoral n'a pas pu être démontré".
Les deux finalistes de la présidentielle n'ont pas été les seuls à voir certaines de leurs dépenses non prises en compte par la Commission.
Elle a ainsi rejeté du compte de Jean-Marie Le Pen 157.110 euros dépensés pour une réception en l'honneur de militants ayant participé à sa campagne. Idem pour les 48.642 euros versés aux six personnes ayant cherché pour lui des parrainages, mais pour lesquels le leader du FN n'avait pu fournir de contrat de travail ni convention de prestation.
Dominique Voynet quant à elle ne percevra pas de remboursement pour les 787 euros d'amendes SNCF qu'elle à fait figurer à ses comptes de campagne.
Pas plus que José Bové ne se verra restituer les 2.912 euros "correspondant au prix des abonnements des téléphones portables personnels des membres de son équipe de campagne" qui, selon la commission, les auraient de toute façon payé en l'absence de toute campagne électorale.
© 2008 AFP
20:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : AFP, présidentielles, compte de campagne, Sarkozy, Royal, Bové, Voynet
17.01.2008
Et pendant ce temps-là, de l'autre côté de la porte...
Patrick, un peu instable et changeant, a finalement claqué la porte du campement, non sans dérober quelques biens. Il revint puis repartit, puis revint, et enfin disparut. Il est désormais malvenu dans tout Lille (les camarades sont parfois rancuniers), et fut remplacé par un sale type. C'est alors que je ne les vis plus pendant quelques semaines, avant de voir réapparaître au hasard d'un marché, propre et souriant, Daniel. Il avait pourtant été sévèrement agressé quelques semaines avant, apparemment par le sale type qui disparut avec Dany, emportant les chiens de Daniel. Je n'ai d'ailleurs plus croisé ce dernier depuis 2 mois... Quand on sait que c'est avec eux que j'ai fêté ma première année de Chinois, assis sur un banc à partager au goulot, le plus simplement du monde, la plus chaleureuse des piquettes... Ils me manquent et je trouve décidément insupportable que nous laissions à nos portes des humains dans une telle misère. Sans parler du copain Edouard mort de froid et suivi à ses funérailles des seuls Daniel et Danny (je ne l'ai su que trop tard).
J'espère que quand vous croiserez l'un deux et que vous reconnaîtrez un de mes amis (attention les SDF ne dérogent pas à la règle et ne se valent pas tous), vous le saluerez au moins. Une petite discussion vaut parfois bien plus que 1, 2 ou 5 euros, c'est eux qui me l'ont dit.
Vincent BUI HUU TAI
02:50 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : SDF, sans-abris, misère, injustice, indifférence
15.01.2008
Fausse surprise!
Les journaux télévisés (le 12h50 de M6 par exemple) titrent avec fracas: surprise, on constate une recrudesence de grivellerie dans les restaurants depuis l'interdiction de la cigarette dans ceux-ci. Il est juste à noter que cette nouvelle faisait la une des journaux belges il y a un an avec une baisse des revenus de 30%. Les journalistes pourraient quand même se renseigner avant de monter leurs reportages... Déjà qu'ils n'enquêtent quasiment plus et qu'ils font leurs articles à base de sites internet et de dépêches AFP. Sûrement attendent-ils de devenir le métier le plus détesté de France devant les policiers et les dentistes avant de réagir. Contrairement aux deux autres professions sus-citées, ce sera bien fait pour eux.
Vincent BUI HUU TAI
13:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journalisme, cigarette, titre, journaux, télé, médias, m6
