23.06.2009
Reprise de nouvelle
Il est vrai que ça fait maintenant longtemps que je n'ai pas publié d'article ici, mais d'autres obligations m'ont accaparé.
Les dernières élections européennes me donnent une excellente raison de reprendre du service. Elles ont permis de constater outre le désinteressement des français (et des européens en général) pour ces élections la rapidité avec laquelle le vent pouvait tourner en politique. En effet, si les Ecologistes réussissent un score impressionant, le Mouvement Démocrate quant à lui a été sévérement sanctionné.
Passées les réactions à chaud, on peut tirer de ces élections au moins deux enseignements: tout d'abord l'importance de l'affect dans un scrutin. Un film sur le destin écologique de la planète, de jolis plans, et une fois dans l'isoloir l'électeur se sent le besoin de sauver cette planète et instinctivement vote Vert. Un mot déplacé dans un débat télévisé, une obsession trop prononcée sur un personnage important de l'Etat, et on dégringole numériquement, en interne et en externe. Ensuite, la solution réside dans l'usage du collectif. On ne peut pas donner l'image d'un homme d'Etat sans montrer qu'on est entouré d'une vraie éuipe, solide et polyvalente. La campagne doit être laissée aux candidats et non pas être l'occasion de polémiques internes. De plus, si effectivement on considère à juste titre que ces élections sont par nature bénéfique au MoDem, celà laisse inaugurer de térrible désillusions lors d'élections nationales. Je ne dirais pas grand chose du Parti Socialiste, il vaut mieux balayer devant sa porte; une seule remarque donc: il est vraiment dommage de voir déjà une multiplication de présidentiables, alors même que l'essentiel n'a pas été réglé.
L'UMP a donc de beaux jours devant elle, sauf à ce que le vent tourne.
Vincent BUI HUU TAI
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26.11.2008
Elections au Parti Socialiste
Le Parti Socialiste a un nouveau premier secrétaire : Martine Aubry. « Selon le rapport de la commission de récolement approuvé par 159 voix (76 contre et 2 abstentions) Martine Aubry a obtenu 67 451 voix et Ségolène Royal 67 349 voix » peut-on lire sur le site officiel du parti. Félicitations donc à l’actuel maire de Lille pour ce succès.
Néanmoins, il est clair que, pour aussi serré qu’il fût, le combat auquel nous avons assisté n’est en réalité que le premier round d’un long match. Le fait que Mme Aubry soit premier secrétaire tout en étant une personnalité connue en fait une candidate de fait pour l’élection présidentielle de 2012. Pour sa part, Ségolène Royal appelle au rassemblement puisque « 2012, c’est demain », et met un point d’honneur à obtenir l’adhésion à 20 euros dans la mesure où dans le passé cela lui a été majoritairement favorable. Un sondage BVA-Orange-Express la place d’ailleurs comme candidate préférée des sympathisants socialistes. Autre possible, et non des moindres, l’actuel Président du Fonds Monétaire International (FMI) Dominique Strauss-Kahn arrive en tête de ce même sondage avec 32% des sondés, devant Mmes Royal et Aubry à égalité avec 19% ; Mr Delanoë y est quant à lui crédité de 16%. Le maire de Paris pourrait lui aussi s’avérer de la partie. Enfin, François Hollande, heureux de voir la situation qu’il laisse, n’a sûrement pas renoncé non plus : 11 ans à la tête du PS, on pourrait comprendre qu’il y pense.
S’ajoutent à cette liste tous les outsiders ou les anciennes gloires ayant pris leur retraite sur un coup de tête : Benoît Hamon, pourquoi pas, pourrait se manifester en cas de primaires, Lionel Jospin qui vient de recevoir la Légion d’Honneur, Laurent Fabius, candidat aux primaires de 2006, etc…
Au bas mot, pas moins de cinq à sept prétendants raisonnables. Ca promet.
Vincent BUI HUU TAI
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25.11.2008
Lettre ouvertre aux responsables du MoDem
Voici une lettre que j'ai envoyée partout où je le pouvais. N'hésitez pas à réagir selon ce que vous en pensez.
Secrétaire fédéral des Jeunes Démocrates du Nord, je me ravis de voir que François Bayrou s’exprime sans prendre parti en pleine période de trouble au PS : voilà enfin le positionnement que l’on attendait. Quand le PS est en proie à des tensions peut-être insurmontables, quand l’extrême gauche s’organise et promet de lui rendre la vie encore plus difficile, il est clair que le Mouvement Démocrate peut s’avérer être la voie préférentielle pour s’opposer à l’UMP en 2012 (et d’ici-là).
Par ailleurs, je me permets de vous interroger, toutes et tous, sur la pertinence de la création d’un poste de « Chargé de relation avec les militants », personne dont la fonction serait de tourner dans les fédérations pour aller à la rencontre des militants, les rassurer, et mettre en place une vraie stratégie de cohésion interne à notre parti. En effet, comment se fait-il que nous n’ayons toujours pas, par exemple, de journal interne au MoDem quand les Jeunes ont été capables de le mettre en place (je le sais pour y avoir écrit quelques articles) ? Des réunions de commissions organisées en pleine semaine (voire en pleine journée) à Paris ne suffiront pas à combler les attentes de tous nos adhérents provinciaux, même si la démarche a le mérite d’exister. Pourquoi ne pas encourager un réseau de commissions délocalisées, coordonnées au niveau national par internet ?
Il m’apparaît urgent de rassembler nos troupes, en tout cas d’éviter qu’elles se délitent. L’occasion est trop belle.
Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ce courrier.
Cordialement,
Vincent BUI HUU TAI
17:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.10.2008
Prestation Royale
Ségolène Royal était au Zénith pour appuyer sa motion vue qu'elle n'est pas candidate au profit de Julien Dray. Les images n'auront échappé à personne.... plus ridicule était impossible. Tenue et coiffure grottesques, débit de parole et ton on ne peut plus faux, quant à la gestuelle.... Pour ceux qui auraient quitté la France depuis 2 ans et qui ne peuvent pas comprendre comment Nicolas Sarkozy a pu gagner une élection présidentielle, voilà un début de réponse.
Par ailleurs, c'est la région Poitou-Charentes qui a payé le "show"... merci à ses habitants pour le spectacle.
Vincent BUI HUU TAI
20:24 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : royal, ps, zenith
08.10.2008
Redécoupage électoral
Un nouveau redécoupage des circonscriptions électorales a été proposé, mi-septembre, par le secrétaire d'Etat à l'Intérieur, Mr Alain Marleix.
« Un gros tiers des départements n’est pas touché ; un autre tiers sera simplement remodelé de sorte à gommer les trop forts écarts de population d’un territoire à l’autre. Seul le dernier tiers fera à proprement parler l’objet d’un redécoupage pour raison démographique. » Il s'agit selon lui d'une « réforme limitée, transparente et républicaine». « On ne peut pas nous accuser de charcutage électoral », le nouveau découpage s’est fait sur la base d’une « clé de répartition des sièges » fondée sur des critères démographiques.
Des précisions qui prennent tout leur sens quand on sait que Mr Alain Marleix est responsable des élections à l'UMP.
Vincent BUI HUU TAI
(source: www.francesoir.fr)
18:25 Publié dans Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, élections, ump
18.09.2008
Propagande
Un sondage commandé par le Figaro et LCI "présente" la forte poussée d'Olivier Besancenot comme opposant principal de Nicolas Sarkozy. Quoi d'étonnant à ce que la presse possédée par les amis du Président fasse artificiellement croître l'importance d'un opposant si peu dangereux pour leur poulain? Il est évident que dans le cas d'un deuxième tour entre Mr Sarkozy et Mr Besancenot (ou Melle Le Pen si on repense à 2002), la porte lui serait plus qu'ouverte pour un deuxième mandat. Il est fatigant et outrageant de constater à quel point notre Président et ses conseillers nous prennent pour des débiles profonds.
Vincent BUI HUU TAI
14:48 Publié dans Sarkozy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : besancenot, sarkozy, figaro
Hausse des droits d'inscription en formation d'ingénieur
Vous trouverez ci-après un communiqué du Président des Jeunes Démocrates et du responsable de la sous-commission sur l'Enseignement Supérieur, communiqué auquel bien évidemment j'apporte mon soutien.
Au 31 juillet 2008 est paru au Journal Officiel un arrêté signé par Christine Lagarde, Eric Woerth, et Luc Chatel fixant "à 600 euros pour l’année universitaire 2008-2009 et à 800 euros à partir de l’année universitaire 2009-2010", "le montant annuel des droits de scolarité en formations d’ingénieurs, initiale et continue diplômante, dans les écoles nationales supérieures des mines et dans les écoles nationales supérieures des techniques industrielles et des mines".
Sur l'année universitaire 2007-2008 ce montant était de 450 euros.
Nous regrettons cet arrêté sur le fond et sur le procédé décisionnel dont il témoigne.
Loin de véritablement être un outil au financement de ces filières (l'apport représente moins de 5% du coût de l'année d'étude), cette augmentation applique avant tout une restriction des rentrées en filière ingénieur sur le critère pécuniaire. Cela va à l'encontre d'une sélection sur base pédagogique, fausse le travail d’orientation – grand enjeu national -, et limite artificiellement les candidats pour ces filières qui pourtant conservent un fort potentiel professionnalisant comme l'attestent les dernières études du Céreq sur le sujet.
Nous ne pouvons pas accepter que la réduction opérée sur le poids de la fiscalité (évalué à 10 millions d'euros) par cette augmentation des frais d'inscription constitue un bon choix stratégique pour le pays. Nous considérons au contraire que le maintien d'un tarif d'inscription bas constitue un investissement de qualité pour la nation à l'orée du développement d'une société de la connaissance. D'autant plus que le pays accuse un déficit d'attractivité de ses filières scientifiques.
En sélectionnant les élèves ingénieurs sur des critères pécuniaires, l'Etat s'empêtre dans une dynamique qui s'annonce contre-productive pour sa capacité à développer en nombre les meilleurs potentiels. Bien que déterminés à lutter contre la dette, nous considérons ce choix comme étant au contraire susceptible de l'accroître sur le long terme.
Le calcul opéré par le gouvernement se comprend dès lors que l'on en voit l'origine. Il est en effet regrettable que ce soient les seuls ministres du budget, de l'économie, et le secrétaire d'état à l'industrie qui publient et aient compétence à publier cet arrêté sans que la direction de l'enseignement supérieur ni le secrétariat d'état à l'emploi n'aient été parties prenantes du processus décisionnel. Pas plus que n'ont été consultés le CNESER ou la CTI.
Les organisations représentatives étudiantes n'ont pas été entendues sur le sujet.
De manière plus générale nous regrettons cette dispersion de l'encadrement de l'enseignement supérieur français qui empêche toute approche globale cohérente.
Le Mouvement Démocrate propose ainsi que soient rassemblées ces compétences au sein de la Direction Générale de l'Enseignement Supérieur.
Nous désavouons l'analyse du gouvernement pour qui cette question ne serait que d'ordre budgétaire. Elle est stratégique.
François-Xavier Pénicaud
président de la sous-commission enseignement supérieur du Mouvement Démocrate
Franck Faveur
président national des jeunes démocrates
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21.05.2008
Bouddhisme et Physique quantique
BOUDDHISME ET PHYSIQUE QUANTIQUE
Un étrange parallélisme entre deux concepts de la réalité
Abstract. Il y a un parallélisme surprenant entre le concept philosophique de la réalité de Nagarjuna et le concept physique de la réalité de la physique quantique. Pour les deux la réalité fondamentale ne repose pas sur un noyau dur mais sur des systèmes d'éléments mutuels et interdépendants. Ces concepts de réalité sont incompatibles avec les concepts substantiels, subjectifs, holistes et instrumentalistes qui sont le fondement des modes de pensée du monde moderne.
Le concept de la réalité de Nagarjuna
Nagarjuna était le philosophe bouddhiste le plus important de l'Inde. Selon Etienne Lamotte il vivait dans la deuxième partie du 3eme siècle. Sa philosophie est encore très actuelle. Elle détermine, jusqu'à aujourd'hui les manières de penser de toutes les traditions du bouddhisme tibétain. Nous possédons peu d'informations biographiques sur sa vie, en revanche beaucoup de légendes reposent sur celle-ci. L'authenticité de 13 de ses Oeuvres est prouvée par la recherche scientifique. C'est surtout le danois Chr. Lindtner qui s'est occupé de la vérification et de la traduction de ces 13 Oeuvres [1]. Son Oeuvre principal, portant le titre Stances du milieu par excellence [Mulamadhyamaka-karika][en abréviation: MMK] est récemment parue dans une traduction française de Guy Bugault [2]. Nagarjuna est le fondateur de l'école philosophique du chemin du milieu, Madhyamaka. Le chemin du milieu représente une voie philosophique et spirituelle qui cherche à éviter les concepts métaphysiques extrêmes, surtout ceux de la pensée substantielle et subjective. Dans son ouvrage principal, Stances du milieu par excellence [MMK] le chemin du milieu est décrit de la façon suivante: „24,18 C'est la production dépendante [pratityasamutpada] que nous entendons sous le nom de la non-substantialité [sunyata]. C'est là une désignation métaphorique, ce n'est rien d'autre que la voie du milieu"[3]. Nous comprenons donc que selon Nagarjuna la dépendance des choses est identique avec la non-substantialité des choses.
La philosophie de Nagarjuna repose sur deux aspects. D'une part sur une exposition de son propre concept de réalité [pratityasamutpada et sunyata] selon lequel la réalité fondamentale n'a pas de noyau dur et ne base pas sur des éléments indépendants mais sur des systèmes comportant deux parties mutuelles et interdépendantes. Ce concept est opposé à une des expressions clef de la métaphysique traditionnelle existante en Inde: svabhava [être propre]. D'autre part elle comporte de nombreuses indications à des contradictions internes de 4 concepts extrêmes, qui ne sont pas présentés dans tous les détails mais seulement dans leurs principes. On peut cependant aisément reconnaître à quels modes de pensée ces principes font référence et c'est important, car il s'agit de nos modes de pensée qui ne nous permettent pas de connaître la réalité comme elle est. Ce thème n'est pas seulement une discussion sur la métaphysique traditionnelle en Inde. Ces 4 approches extrêmes, je les mets en relation aux modes de pensée substantiels, subjectifs, holistes et instrumentalistes du monde moderne. Pour pouvoir contourner et éviter ces modes de penser, il faut d'abord les connaître. Je vais donc les présenter ici de façon fragmentaire.
Le Substantialisme. La pensée substantielle est en Europe au centre de la métaphysique traditionnelle, si l'on se base sur la philosophie présocratique en passant par Platon jusqu'à Kant. Selon la métaphysique traditionnelle la substance ou l'être propre est une chose inchangeable, identique à elle-même, ne résultant d'aucun élément, existant par soi-même. La Substance ou l'être propre est la raison d'être de toute chose, le fondement immatériel du monde dans lequel nous vivons. Sous les termes 'substance suprême' la métaphysique traditionnelle assimilait souvent Dieu ou un être divin. Depuis Kant les courants principaux de la philosophie moderne ne considéraient plus les choses comme des éléments de la réflexion philosophique. L'objet de la pensée étant devenu la raison comme moyen de la connaissance. C'est pour cela que la métaphysique traditionnelle a perdu une certaine importance. Mais les concepts centraux comme l'être, la substance, la réalité ont été remplacés par des expressions scientifiques substantielles et réductionnistes: Maintenant ce sont des termes scientifiques tels que les atomes, les particules, l'énergie, les champs de force, les lois de la nature, la symétrie qui sont la raison d'être des choses.
Le subjectivisme. Par l'expression 'la pensée subjective' j'entends le tournant vers le sujet qui a été introduit par René Descartes. C'est la doctrine selon laquelle la conscience est la donnée primaire tandis que toute autre chose est le contenu, la forme ou la création de la conscience. L'apogée de ce subjectivisme c'est l'idéalisme de Berkeley. La philosophie de Kant peut être considérée comme un subjectivisme modéré. La primauté de la subjectivité ou de la conscience de soi-même est depuis Descartes le pivot de la pensée philosophique moderne qui lui rend évidence et certitude [Gadamer].
L'Holisme. Cette troisième approche cherche à éviter l'alternative stéréotypée et schématique des deux premières approches en faisant une fusion des deux aspects en un seul. Maintenant il ne s'agit plus de parties, il n'y a rien que l'identité, tout est un. L'holisme fait du tout un principe absolu. C'est une mystification. Le tout devient une unité indépendante des ses parties. La totalité est entendue comme une chose concrète comme si la totalité était un fait empirique qui se base sur l'expérience. Cette approche est liée à l'histoire de la philosophie aux noms de différents penseurs comme Saint Thomas d'Aquin, Leibniz et Schelling. Dans la physique quantique elle est représentée avant tout par le physicien David Bohm.
L'instrumentalisme. Cette 4eme approche consiste à une réfutation de l'existence du sujet et de l'objet. Elle ne tient pas compte du sujet et de l'objet. Au lieu de préférer l'un ou l'autre ou les deux à la fois, l'instrumentalisme refuse les deux. La question de la réalité est dénuée d'importance ou même inutile. L'instrumentalisme est moderne, intelligent [par exemple dans la personne du philosophe Enst Cassirer] et parfois un peu chicanier. Il est difficile de s'en échapper. Il consiste à considérer la pensée comme une assimilation d'informations. Il ne s'occupe plus de quels phénomènes les informations informent. C'est un problème qui lui vient du subjectivisme, dont le philosophe Donald Davidson disait: „Quand on s'est décidé pour l'approche de Descartes, il parait que l'on ne sait plus indiquer pour quelles choses les références sont références"[4]. L'instrumentalisme est une notion collective, il indique des conceptions scientifiques différentes , qui font abstractions de la connaissance humaine dans son ensemble ou des formations scientifiques (des conceptions, thèses ou théories) comme reproduction de la structure de la réalité mais plutôt comme un résultat de l'interaction humaine avec la nature pour le but d'une orientation théorique et pratique. Selon l'instrumentalisme les théories ne sont pas une description du monde mais des instruments efficaces pour le calcul et la prédiction [5]. L'approche instrumentaliste est exprimée en quelques mots seulement par le physicien Anton Zeilinger. Zeilinger dit dans un interview: „Dans la physique classique nous parlons d'un monde des choses, qui existent quelque part là à l'extérieur et nous décrivons cette nature. Dans la physique quantique nous avons appris qu'il faut être très prudent. En dernière analyse la physique n'est pas la science de la nature mais la science des déclarations sur la nature. La nature elle même est toujours une construction mentale. Niels Bohr a dit cela une fois de cette manière: Il n'y a pas de monde quantique, il n' y a qu'une déscription quantique"[6].
Nagarjuna présente ces 4 concepts de la réalité dans un schéma qui est appelé en Sanscrit 'catuskoti' et en grèque 'tétralemme'. C'est un groupe de quatre propositions, dont la deuxième est la contradictoire de la première, la troisième étant l'addition des deux et la quatrième leur annulation. En peu de mots les 4 concepts princi paux de Nagarjuna peuvent être formulé de la façon suivante : Jamais, nulle part, rien qui surgisse substantiellement, ni de soi-même, ni d'autre chose, ni des deux à la fois, ni sans cause. Derrière cette phrase il y a des concepts de la réalité qui peuvent être liés à 4 façons de penser: les façons substantielles, subjectives, holistes et instrumentalistes. Il sera difficile de trouver un homme ou une femme moderne qui ne manifeste pas à sa manière une de ses quatre approches extrêmes. C'est cela qui explique l'actualité de la philosophie de Nagarjuna. Nagarjuna n'a pas du tout réfuté la pensée substantielle pour arriver au subjectivisme, comme cela lui a été reproché. Il n'a pas refusé le schéma dualiste pour arriver à une approche holiste ou de la totalité, comme l'ont dit de lui certains interprètes bienveillants . Et il n'a pas réfuté l'holisme pour s'arrêter dans les nuages de l'instrumentalisme, comme bon nombre d'interprètes succédant à Ludwig Wittgenstein l'affirment. Et pourquoi pas? Ce sont précisément les 4 approches ext rêmes qui sont réfutées systématiquement par Nagarjuna.
Déjà la première stance des 'Stances du milieu par excellence' explique non seulement le dilemme mais le tétralemme de notre pensée: „MMK 1,1 Jamais, nulle part, rien qui surgisse, ni de soi-même, ni d'autre chose, ni des deux à la fois, ni sans cause". Cette stance peut être considérée comme l'affirmation principale des MMK: la réfutation de 4 approches métaphysiques extrêmes qui ne sont pas compatibles avec la dépendance mutuelle des choses. Le reste des MMK ne serait alors qu'une explication de cette stance. C'est pour cela qu'il faut effectuer une approche minutieuse et précise. Qu'est-ce-que l'affirmation de cette stance, qu'il n'y a rien à trouver, qu'il n'y a rien, que rien n'existe? Nagarjuna était-il aveugle? Est ce qu'il voulait nier le monde extérieur? Est ce qu'il voulait réfuter ce qui est évident? Voulait-il remettre en question le monde dans lequel nous vivons? Voulait- il réfuter l'expérience quotidienne que nous pouvons trouver partout, des choses qui ont surgit d'une manière ou d'une autre? Quand une cause n'est pas surgit d'elle-même elle doit avoir surgit d'autre chose . Cela serait une objection valable si on entend par surgir la production empirique des choses. Mais que signifie la notion 'surgir'? Dans un autre livre Nagarjuna donne lui-même une indication pour la compréhension de cette notion. Il écrit dans son livre Yuktisastika (YS): „19 Ce qui n'est pas surgit d'une façon substantielle, comment on peut le nommer littéralement 'surgir'? [7] Par la production des choses il n'entend pas la production empirique, mais plutôt la production substantielle. Quand Nagarjuna dit dans son livre principal [MMK] que la production d'une chose est dépourvue de sens [MMK 7, 29], qu'il n'y a pas d'existence des choses [MMK 3,7; MMK 5,88; MMK 14,6], que l'on ne les trouve pas [MMK 2, 24-25; MMK 9,11], qu'ils ne sont pas[MMK 15,10] et qu'ils sont des faux-semblant [MMK 13,1] – cela signifie manifestement que les choses ne surgissent pas d'une façon substantielle, elles n'existent pas par elles mêmes, on ne trouve pas leur indépendance et dans ce sens elles sont irréelles. C'est uniquement l'idée de la production substantielle des choses, uniquement celle d'une existence absolue et indépendante, mais nullement la production empirique ou l'existence empirique des choses qui sont réfutées par Nagarjuna.
Nagarjuna s'explique dans les 'Stances du milieu par excellence'. Il dit: „MMK 15, 10 Dire 'il y a' c'est prendre les choses comme éternelles, dire 'il n'y a pas' c'est ne voir que leur anéantissement. C'est pourquoi l'homme clairvoyant ne s'attachera ni à l'idée d'être ni à l'idée de non-être". L'expression 'il y a' a chez Nagarjuna la signification 'il y a substance'. Son thème n'est pas l'existence empirique des choses, mais l'idée métaphysique d'une durée permanente ou d'une substance des choses. Ce n'est que l'idée de l'être propre, sans participation à une autre chose qui est réfutée par Nagarjuna: Les choses n'existent pas pour elles-mêmes, elles n'existent pas d'une façon absolue, leur permanence est introuvable, elles ne sont pas indépendantes, mais elles sont dépendantes l'une de l'autre.
Quand aux nombreuses interprétations qui essayent de faire dire de Nagarjuna qu'il réfute l'existence empirique des choses, c'est une généralisation inadmissible qui approche Nagarjuna au subjectivisme ou idéalisme ou instrumentalisme. Ce genre d'interprétation est né d'approches métaphysiques qui ont des difficultés à reconnaitre l'existence empirique des choses, ce qui n'est pas du tout le cas chez Nagarjuna.
Comment Nagarjuna justifie t'il son idée de la dépendance mutuelle? Le point de départ de sont livre principal c'est la double nature des choses. Ces choses doubles ne peuvent être divisées en deux parties indépendantes. Il faut un système de deux éléments matériels ou immatériels qui se complètent. Un élément n'existe pas sans l'autre, l'un est en corrélation avec l'autre. Dans les MMK Nagarjuna s'occupe de ces différents systèmes doubles tels que:
Une chose & ses conditions, un marcheur & son trajet, le sujet voyant & l'objet vu, la cause & l'effet, le caractère & le caractérisable, la concupiscence & le sujet concupiscent, l'idée de la production & les causes de la production, l'acte & l'agent, le sujet qui voit & la vision, le feu & le combustible.
De cette manière nous sommes guidés au centre de la philosophie de Nagarjuna. Il réside dans son concept de la réalité. Dans le premier 10 premiers chapitres de son livre principal, mais également dans les chapitres qui suivent Nagarjuna souligne une seule idée qui se trouve dans la conclusion suivante: les deux éléments d'un système de deux éléments ne sont pas identiques mais ils ne scindent pas en deux. La marque la plus importante des choses c'est leur dépendance et la non-substantialité qui en résulte, l'impossibilité de pouvoir exister d'une façon seule, indépendante, séparée, détachée et isolée. Ceci est le sens de sunyata: les choses sont sans un être propre et sans indépendance. La réalité fondamentale ne consiste pas en facteurs singuliers et isolés. Les choses surgissent seulement en dépendance mutuelle d'autres choses. Elles ne surgissent pas substantiellement, car une chose dépendante ne peut pas être indépendante:
Une chose n'est pas indépendante des ses conditions et elle n'est pas identique avec elle. Un marcheur n'existe pas sans un trajet parcouru et il n' est pas lui même ce trajet. Chez un sujet voyant il n' y a ni identité ni disparité avec l' objet vu. Il n' y a pas une cause sans effet et vice versa. Le concept 'cause' n' a pas de sens sans sa contrepartie 'effet'. Cause et effet ne font pas un, mais ils ne peuvent pas être séparées en deux concepts. Sans un caractère nous ne pouvons pas parler du caractérisable et vice versa. Comment pourrait-il avoir un sujet concupiscent sans la concupiscence? Quand il n'y a pas des causes de la production alors il n'y a pas de production, par elle-même il n'y a ni l'un ni l'autre. Sans l'acte il n'y a pas l'agent, sans feu il n'y a pas de combustible. Feu et combustible ne forment pas un mais ils ne tombent pas en deux objets indépendants. Les éléments matériels et mentaux d'un système de deux éléments n'existent pas d'une façon isolée d'elles-mêmes. Ils ne sont pas identiques et ils ne sont pas indépendants mutuellement. Chez une paire de deux éléments corrélatifs la constitution et même l'existence entière d'un élément est dépendante de l'autre. Un se produit avec l'autre. Quand l'un disparait l'autre disparait avec lui. C'est pour cela: Jamais, nulle part, rien qui surgisse substantiellement, ni de soi-même, ni d'autre chose, ni des deux à la fois, ni sans cause. La réalité fondamentale ne consiste pas en un noyau dur et indépendant mais en systèmes dépendants.
Ce concept de réalité est pour l'instant une idée, une indication à une réalité qui à vrai dire ne peut pas être expliqué. Celui qui peut parler de la réalité tel qu'elle est, sans concepts, ne la connait pas. L'expérience yogine de la non-substantialité, l'expérience de sunyata et de pratityasamutpada, l'expérience vécue de la réalité telle qu'elle est, présuppose pour la tradition bouddhiste qui se réfère à Nagarjuna, une haute réalisation spirituelle. Elle demande d'abandonner les positions extrêmes, et même la dissolution de toute la pensée dualiste. Faire l'expérience de sunyata, vivre la non-substantialité des choses cela veut dire se libérer de tous les enchevêtrements de ce monde. Un autre mot pour décrire cela est: le nirvana.
Les interprétations. Selon Nagarjuna la première question à se poser est celle de la réalité et pas du tout celle concernant la conscience, l'esprit ou la connaissance. Ce subjectivisme est plutôt valable pour l'école philosophique du Yogacara ou pur le bouddhisme tantrique. Mais les interprétations des livres les plus importants du Yogacara sont controversés parce qu' ils peuvent être compris dans un sens ontologique qui nie le monde extérieur et qui adopte la position de l'idéalisme ou dans un sens une épistémologie ou une théorie de la connaissance qui n'explique pas le monde extérieur mais plutôt la manière dans laquelle la perception est une projection de la conscience. Ce qui est appelé alayavijnana sans le Yogacara et Mahamoudra dans le bouddhisme tantrique se réfère à la connaissance bienheureuse de sunyata et chez Nagarjuna à sunyata même [6].
Pour montrer que ce sont les objets qui sont sans substances et d'une dépendance mutuelle et non seulement leur conception, je m'appuie sur la physique quantique. Dans la physique il ne s'agit pas uniquement de concepts mais aussi de la réalité physique. La physique n'examine que des réalités qu'elle produit elle-même, mais nous devons aucunement aller si loin de considerer toutes nos perceptions et tous nos modèles de pensée comme complètement arbritraires : Les constructions de notre esprit ne sont pas directement identiques avec la réalité mais elles ne sont pas du tout accidentelles et contingentes et en règle générale elles ne sont pas trompeuses [Irvin Rock]. Derrière ces modèles il y a les objets empiriques et approximativement il y a une ressemblance de structure d'un modèle physique réaliste avec l'objet correspondant.
Les fondements métaphysiques de la physique quantique
Remarque préalable. Il ne s'agit pas d'un exposé ou d'une critique de la physique quantique, mais plutôt d'une discussion des tournures d'esprit métaphysique, qui sont à la base de la physique quantique. Le concept de réalité de la physique quantique peut être exposé par trois notions clé: complémentarité, les 4 interactions et le phénomène d'intrication. [Pour des raison d'espace le phénomène d'intrication n'est pas expliqué ici. Je mentionne seulement le commentaire de Roger Penrose. Il dit que: „Le phénomène d'intrication est une chose très étrange. C'est une chose intermédiaire entre des objets d'être séparés et d'être ensemble". Roger Penrose, The Large, the Small and the Human Mind,Cambridge University Press 1999, p. 66].
La physique quantique a une longue histoire, dans laquelle il n'y a pas été prouvé d'une façon définitive si les plus petits éléments de la lumière et de la matière ont un caractère de corpuscule ou d'onde. Nombreuses expériences soutenaient l'une et l'autre supposition. Les électrons et les photons se comportent parfois comme des ondes et parfois comme des corpuscules. Cela était nommé le dualisme d' ondes-corpuscules. La conception du dualisme a été comprise comme une dichotomie, une contradiction logique. Selon la conception du dualisme les électrons et les photons ne peuvent pas être des corpuscules et également des ondes. Ce sont des espérances et attentes que nous avons liées à l'atomisme, car dans le sens de l'atomisme une explication scientifique consiste à réduire une chose changeable à ses éléments constants ou à des lois mathématiques. C'est cette conception dualiste de base que l'atomisme moderne a hérité de la science de la nature des grecques: il n'y a pas de substance et de permanence dans les objets de perception dans le monde dans lequel nous vivons, mais uniquement dans les éléments des choses et dans l'ordre mathématique. Ces fondements matériels et immatériels tiennent le monde ensemble. Ils ne changent pas tandis que tout est instable et changeable. Selon les attentes de l'atomisme il doit être possible de réduire un objet à ses éléments indépendants ou à ses lois mathématiques ou principes de base simples, selon lesquels les systèmes fondamentaux doivent être corpuscules ou ondes, mais non pas les deux à la fois.
Que faut-il entendre par éléments indépendants? Platon avait fait la différence entre deux formes de l'être . Il distinguait les choses particulières qui sont tout ce qu'elles sont par participation et qui pour cela n'ont pas un être propre, et d'autre part les idées qui ont un être propre . La métaphysique traditionnelle a adopté cette division en deux parties faite par Platon. Dans la métaphysique traditionnelle un être propre et indépendant désigne une entité qui n'est dépendante de rien d'autre [Descartes], qui existe de soi-même et par soi-même [More], qui est complètement illimitée par d'autres et libre de toute influence extérieure [Spinoza], qui consiste pour soi-même sans les autres [Schelling]. Albert Einstein suivait cette tradition métaphysique quand il écrivait: „Pour la classification des choses qui sont introduites dans la physique il est essentiel que ces choses demandent a un temps précis une mutuelle existence indépendante autant que les choses 'soient situées dans différentes parties de l'espace'. Sans la supposition d'une telle indépendance de l'existence [des 'So-seins', de 'l' être ainsi', de 'l' être sans rien'] des choses distantes qui sont mutuellement à distance, les idées physiques ne seraient pas possibles dans un sens courant, mêmes si l'origine de cette supposition est issu de la pensée quotidienne"[9].
Cette idée d'une réalité indépendante était projetée par l'atomisme sur les éléments fondamentaux de la matière. Une explication scientifique repose dans son sens sur la réduction de l'instabilité et la multiplicité des objets et des états à leurs éléments permanents, stables, indépendants et indivisibles. Selon les attentes des atomistes tous les changements de la nature s'expliquent par la séparation, l'union et par le mouvement d'atomes ou d'éléments encore plus fondamentaux qui sont inchangés et indépendants. Ces éléments fondamentaux ou leurs lois mathématiques constituent le noyau des choses, ils sont le fondement de tout et ils tiennent le monde ensemble. A savoir si les éléments fondamentaux de la matière étaient des corpuscules ou des ondes était un thème explosif: Les conceptions traditionnelles de la réalité que la métaphysique avait mise à la disposition de la physique quantique étaient en jeu. Il était possible que la réalité fondamentale ne puisse pas être saisit avec les conceptions traditionnelles de la réalité. Quelle valeur d'explication a l'atomisme s'il s'avère qu'il n'y a pas d'atomes ou objets quantiques indépendants et que les objets quantiques n'ont pas de noyau stable? Est-ce-que les objets étaient objectifs, subjectifs, les deux à la fois, ni l'un ni l'autre? Qu'est-ce-que la réalité? Le monde quantique est-il différent du monde dans lequel nous vivons?
Niels Bohr. A partir de 1927 le physicien Niels Bohr introduisait la notion de complémentarité, selon laquelle les images de corpuscule et d'onde ne représentent pas deux images irréductibles, opposées et séparées mais se complètent mutuellement et donnent une description complète des phénomènes physiques commun. La complémentarité signifiait pour Niels Bohr qu'il n'était pas possible dans le monde quantique de parler d'objets quantiques indépendants et objectifs parce qu'ils sont en corrélation mutuelle et avec l'instrument de mesure. Bohr soulignait que cette corrélation entre l'objet quantique et l'instrument de mesure était un élément inséparable des objets quantiques parce qu'elle jouait un rôle important pour la manifestation de certaines qualités importantes des objets quantiques : certaines mesures fixent les objets quantiques en tant que corpuscules. Ils déterminent l'état ou la manifestation des objets et détruisent l'interférence [dans ce cas on parle de décohérence] qui caractérise les objets en tant qu'ondes. D'autres procédés de mesures les déterminent an tant qu'ondes. Voilà en quelques mots la nouvelle conception physique de la réalité de Niels Bohr. De La découverte de la non-séparabilité de l'objet quantique et l'instrument de mesure Niels Bohr ne tirait pas la conséquence instrumentaliste qu'il n'y a pas d'objets quantiques, c'est du moins ce qu'il disait dans son argumentation physique. Quand il parlait au niveau métaphysique de la physique quantique il adoptait une approche instrumentaliste [10]. D'un point de vue physique la réalité physique fondamentale consistait pour lui à une interaction des objets corrélés.
L'Interaction dans le modèle standard de la physique quantique orthodoxe
Entre temps la notion d'interaction était introduite dans le modèle standard de la physique quantique. Les 4 interactions élémentaires empêchèrent de réduire les choses à leurs éléments de base comme Démocrite l'avait pensé. Aux éléments de base s'ajoutent les 4 interactions, les forces qui agissent entre les objets élémentaires. En tant qu'éléments de base ils ne se sont pas établis comme objets indépendants et isolés mais en tant que des systèmes de deux corps ou plusieurs corps ou des ensembles de particules élémentaires. Entres ces éléments agissent les interactions. Ce sont les forces qui tiennent les éléments ensemble [11]. Ces forces sont une composante des éléments. Elles sont souvent des forces d'attraction mais parfois aussi des forces de répulsion, surtout quand il s'agit des forces électromagnétiques. On peut s'imaginer les interactions entre les particules élémentaires comme un échange de particules élémentaires. Le physicien Steven Weinberg écrit: „Aujourd'hui nous nous approchons à une vue homogène de la nature quand nous pensons dans les notions de particules élémentaires et les interactions entre eux [...]. Les plus connus sont la gravitation et l'électromagnétisme. Ils appartiennent au monde empirique à cause de leur grande portée. La gravitation maintient nos pieds sur le sol et les planètes dans leur orbite. L'interaction électromagnétique entre les électrons et le noyau atomique est responsable pour toutes les propriétés chimiques et physiques de corps solides ordinaires, les liquides et les gaz. Les deux forces de noyau appartiennent à une autre catégorie en ce qui concerne la portée et la familiarité: L'interaction 'forte' qui maintient les protons et neutrons du noyau atomique a une portée de ca 10 -13 centimètre seulement. C'est pour cela qu'elle se perd complètement dans la vie quotidienne et même dans le domaine de l'atome [10-8 centimètre]. Le moins familier c'est l'interaction 'faible', qui a une portée tellement courte [moins que 10- 15centimètre] et qui est si faible qu'elle ne peut maintenir ensemble probablement rien du tout"[12].
Ce genre d'explications entre jusqu'aux détails difficiles et subtiles . Par exemple: comment un électron qui n'est que partiel peut il faire une interaction avec un autre objet quantique? Quelle partie peut-il émettre quand il est d'une seule partie? A cette question on peut répondre par la conception de l'interaction. Un électron ne se construit pas par une seule partie, car l'interaction de l'électron est elle-même une partie de l'électron. Dans un article sur la super gravitation, publié en 1978, les physiciens Daniel Z. Freedman et Pieter van Nieuwenhuizen écrivent sur ce thème la chose suivante: „On peut par exemple décrire la masse d'électron observée en tant que somme d'une 'masse nue' et de 'self-energy' [auto-énergie], qui est fondée sur l'interaction de l'électron avec son propre champs électromagnétique. D'une façon détachée aucun de ces éléments n'est visible"[13].
Ce que la physique quantique sait des porteurs de l'interaction peut être rendu brièvement avec les mots du physicien Gerhard 't Hooft. Il écrit ? qu'un électron est entouré par un nuage de parties virtuelles qu'il émet et absorbe d'une façon permanente. Ce nuage n'est pas seulement formé de photons, mais également de paires de particules chargées, comme par exemple électrons et leur antiparticules, les positrons"[...]. „Un quark est également entouré d'un nuage de particules virtuelles, à savoir des gluons et des paires de quark-anti-quark"[14]. Des quarks isolés et indépendants n'ont jamais été vus. Ce phénomène est nommé 'Confinement' par la recherche scientifique récente, c'est à dire : quarks sont des prisonniers, ils ne peuvent pas apparaître seuls, mais uniquement comme paire ou trio. Quand on cherche à séparer deux quarks par la force ils se manifestent entre eux, des quarks nouveaux s'unissent par paires ou trios. Le physicien Claudio Rebbi et d'autres scientifiques constatent qu': „Entre les quarks et les gluons à l'intérieur d'une particule élémentaire se manifestent d'une facon permanente des quarks et des gluons supplémentaires qui se dissipent après un court de temps"[15]. Ces nuages de particules virtuelles représentent l'interaction ou établissent les interactions.
Nous sommes arrivés au centre de la physique quantique. Elle nait d'une nouvelle conception physique de la réalité. Cette conception ne regarde plus les éléments isolés et indépendants comme fondements de la réalité, mais des systèmes de deux corps ou de deux états des objets quantiques, comme terre & lune, proton & électron, proton & neutron, onde & instruments de mesure, corpuscule & instrument de mesure, photons de jumeaux, particule & champs de force. Ce genre de système n'est pas identiques, il ne n'est pas un, mais il ne tombe pas en morceaux, il ne se laisse pas réduire en deux corps ou états séparés et indépendants dont l'un est fondamental et l'autre dérivé, comme le cherche à faire le schéma du substantialisme et du subjectivisme. Il n'est pas une unité d'ensemble sans soudure, il n'est pas un tout mystique comme l'holisme le prétend. On ne peut pas affirmer qu'il n'est rien d'autre qu'un modèle mathématique que nous construisons et à qui ne corresponde à aucune réalité. Cette dernière affirmation est avancée par le physicien Stephen Hawking. Dans une discussion avec Roger Penrose il dit: "Moi, par contre, je suis positiviste – je pense que les théories physiques ne sont que des modèles mathématiques et qu'il est vide de sens de demander si elles correspondent à la réalité. A la rigueur on peut se demander si elles peuvent faire une prédiction des observations"[16]. Est-il vraiment vide de ses de demander si une théorie corresponde à une réalité? Aucunement. Car, quand le modèle de penser est juste il y a une ressemblance aux données qu'il reconstruit. Autrement il serait possible de faire des prédictions pour lesquelles il n'y a pas d'explications rationnelles parce qu'elles ne peuvent pas correspondre à la réalité. Une grande partie des expériences physiques est faite parce qu'on se demande si une théorie corresponde à une réalité.
D'un point de vue physique une réalité physique est une réalité fondamentale qui n'est pas uns système d'un seul corps mais plutôt un système de deux corps ou un ensemble de corps, 'un nuage' de particules virtuelles dont les corps sont entourés. Entre ces corps il y a une interaction qui est une composante de ces corps. Ces découvertes physiques sont définitives et incontestables. Et pourtant tous nos concepts métaphysiques s'opposent à cela. Ce nuage ne correspond pas à nos espérances traditionnelles de ce qui représente la stabilité, la substance, la permanence et l'ordre et à ce qui doit être fondamental. Comment des nuages peuvent être ce que nous sommes habitués à considérer comme les fondements de la matière? Comment cette petite chose oscillante peu être ce que des générations entières de philosophes et de physicien ont cherché à analyser pour arriver jusqu'au noyau des choses, à une réalité ultime? Est- ce tout? N'y a-t-il rien de plus? De ce nuage nous voulons filtrer et faire ressortir par une interprétation métaphysique ce qui est durable, ce qui reste. C'est exactement dans le sens de la métaphysique de substance de Platon que Werner Heisenberg appelait les formes mathematiques 'les idées de la matière' dont les particules élémentaires correspondaient. Carl Friedrich von Weizsäcker appelait la mathématique 'l'essence de la matière' et pour le physicien Herwig Schopper les champs de force sont la réalité ultime. Ou d'autre part nous voulons regarder ces nuages comme un tout mystique [holisme]. Ou nous voulons écarter les nuages comme une construction sans fondement [instrumentalisme]. Et pourquoi? Seulement parce que nous ne pouvons pas admettre que les interactions complexes du monde dans lequel nous vivons sont sans fondements solides et stables. Il est impossible de trouver un objet élémentaire qui n'est pas dépendant d'autres objets quantiques ou de ses propres composants. Il est impossible de dissoudre la double nature ou la multiplicité des objets quantiques. La réalité physique fondamentale consiste des nuages corrélés d'objets quantiques.
Les résultats
La réalité fondamentale n'est pas statique, stable, dur et indépendante. Elle ne se forme pas par des facteurs isolés, mais plutôt par des systèmes de corps dépendants. La plupart des systèmes se composent de plus de deux corps mais il n'y a pas de systèmes qui existent avec moins de deux corps. Dans la physique quantique on appelle ce genre de systèmes à deux corps: terre & lune, électron & positron, particule & champs de force. Nagarjuna appelle ses systèmes marcheur & trajet parcouru, feu & combustible, sujet voyant & objet vu, cause & effet, acte & agent. Les deux modèles décrivent des systèmes à deux corps qui ne sont ni séparés ni vraiment ensemble, ils ne s'unissent pas et ils ne tombent pas en deux. Les corps ne sont pas indépendants, ils n'existent pas d'eux-mêmes et ils ne peuvent pas être observé d'une façon isolée parce qu'ils sont dans leur constitution et même dans leur existence toute entière interdépendants et ne peuvent pas exister et fonctionner indépendamment. Ils sont maintenus ensemble par interaction. On ne peut pas réduire un corps à un autre, l'un ne peut pas être expliqué par l'autre. Les corps ne sont pas identiques. Les systèmes ont une stabilité fragile qui est basée sur des interactions et des dépendances mutuelles de leur corps qui sont souvent connues, même si certain ne le sont que partiellement et d'autres ne le sont que dans un stade très peu avancés [comme par exemple chez les photons jumeaux ou dans la relation conscience & cerveau].
Qu'est ce que la réalité? Nous sommes habitués à avoir une base solide sous les pieds et de voir des nuages fugitifs au ciel. Le concept de réalité de la philosophie de Nagarjuna et les concepts physiques de la complémentarité et des interactions dans la physique quantique nous enseignent une autre histoire: Tout est bâtit sur le sable et même les grains de sable n'ont pas de noyau stable. Leur stabilité est basée sur les interactions instables de leurs éléments fondamentaux.
Notes
[1] Cf. Chr. Lindtner, Nagarjuniana, Copenhagen 19882. La recherche nouvelle a exprimé des doutes envers l'authenticité de quelques de ces 13 textes. Voir par exemple Tilmann Vetter, On the Authenticity of the Ratnavali, in: Asiatische Studien XLVI [1992], p. 492-506
[2] Cf. Nagarjuna, Stances du milieu par excellence [Madhyamaka-karikas], édité par Guy Bugault, Paris 2002
[3] Ibid., p. 311
[4] Donald Davidson, Der Mythos des Subjektiven, Stuttgart 1993, p.90
[5] Voir Enzyklopädie Philosophie und Wissenschaftstheorie, 4 Bände, Jürgen Mittelstrass [Hg.], Stuttgart, Weimar 1980 ff, B.2, p.252 f
[6] Anton Zeilinger, 'Tagesspiegel', 20/12/1999
[7] Chr. Lindtner, op.cit., p. 109
[8] Voir Geshe Rabten, Mahamudra, Le Mont-Pèlerin 2002, p. 255. Voir Tarab Tulku Rinpoche, UD-Newsletter, N. 4 January 2006. Voir Damien Keown, Lexikon des Buddhismus, Düsseldorf 2003
[9] Albert Einstein, Quanten-Mechanik und Wirklichkeit, Dialectika 2, 320-324, p. 321, in: Jürgen Audretsch [Hg.], Verschränkte Welt, Weinheim 2002, p. 198
[10] Niels Bohr interprétait la physique quantique de façon instrumentaliste. Il disait par exemple lors de la conférence de Solvay en 1927: „I do not know what quantum mechanics is. I think we are dealing with some mathematical methods which are adequate for description of our experimets" [Niels Bohr, Collected Works Volume 6, North-Holland, Amsterdam, New York, Oxford, Tokyo 1985, p.103]
[11] Pour le concept des systèmes à deux corps, qui ne peuvent pas être divisés en deux, je m'appuie sur des physiciens Elliot D. Bloom et Gary J. Feldman. Ils écrivent que: „Les forces fondamentales de la nature se font examiner le mieux quand on observe des systèmes physiques les plus simples possible, particulièrement deux corps qui sont liés par des forces d'attraction mutuelles. Par exemple: terre et lune se présentent comme objets d'illustration pour le mode de fonctionnement de la gravitation. Pour la théorie de l'électromagnétisme convient l'atome de hydrogène comme système de modèle, parce qu'il est maintenu ensemble par les forces d'attraction entre proton et électron. Evidemment il y a aussi pour les forces nucléaires un simple corpuscule à deux corps: le deutéron. Un noyau d'hydrogène existant d'un proton et d'un neutron. Ce qui maintien la matière ensemble dans son intérieur, à savoir les forces entre les éléments des protons, neutron et beaucoup d'autres particules, se fait également examiner par un système à deux corps. Car les éléments les plus petits, les quarks, peuvent s'unir également en une sorte d'Atomium – on appelle ce système quarkonium: Il se forme d'un quark lourd qui est lié à un anti-quark de la même masse. Entre les deux quarks agissent des forces qui sont plus forts que tout ce que nous pensions jusqu'à présent: elles sont nommées forces de couleur parce qu'elles vont ensemble avec une propriété que l'on appelle couleur ou une charge de couleur" [Elliot D. Bloom/Gary J. Feldman, Quarkonim: 'Atome' der kleinsten Materiebausteine, in: Teilchen, Felder und Symmetrien, Spektrum, Heidelberg 1995, p. 102. Scientific American, vol. 246, May 1982, p. 66-77].
[12] Steven Weinberg, Vereinheitlichte Theorie der elektroschwachen Wechselwirkung, in Teilchen, Felder und Symmetrien, Spektrum, Heidelberg 1995, p. 14. Scientific American, December 1999
[13] Daniel Z. Freedman/Pieter Nieuwenhuizen, Supergravitation und die Einheit der Naturgesetze, in: Teilchen Felder, Sysmmetrien, op.cit., p. 154. Scientific American, February 1978
[14] Gerhard 't Hooft, Symmetrien in der Physik der Elementarteilchen, in: Teilchen, Felder und Symmetrien, op.,cit., p. 42, 56
[15] Voir Rainer Scharf, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 05-09-2001
[16] Stephen Hawking, Einwände eines schamlosen Reduktionisten, in: Roger Penrose, Das Grosse, das Kleine und der menschliche Geist, Heidelberg, Berlin 2002, p. 211. Roger Penrose, The Large, the Small and the Human Mind, Cambridge University Press 1999
Christian Thomas Kohl
18:01 Publié dans Philosophie, Sciences | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bouddhisme, philosophie, physique
Dissertation devant le public sur le corps apparent
Le texte qui suit est de Tran Thai Tong (1218-1277). Il était un des fils de Tran Thua, d'une famille de pêcheurs de Tuc Mac (district de Thien Truong, actuellement dans la province Nam Ha) fort appréciée des rois Ly pour avoir réprimé la rébellion de Quach Boc (1209). Tran Thu Do, un des membres de cette famille, devait profiter de ce prestige pour renverser la dynastie des Ly et fonder cette des Tran avec Tran Canh comme premier souverain. Selon les annales, Tran Thai Tong fut un homme généreux et amoureux des lettres. Dès son enfance, il se lia d'amitié avec plusieurs bonzes célèbres et étudia la doctrine de Bouddha. Il a laissé des ouvrages sur le bouddhisme et un certain nombre de poèmes (1).
DISSERTATION DEVANT LE PUBLIC SUR LE CORPS APPARENT (2)
Pour tous les hommes, le corps est la source de la souffrance, sa substance est à l'origine du Karma (3). Considérer le corps comme réel, c'est s'identifier à celui qui reconnaît un brigand comme son propre fils.
Examinons minutieusement la question: où se trouve-t-il, ce corps apparent, avant sa matérialisation par le foetus? L'apparition des désirs engendre les corrélations. Les cinq moyens de conscience (4) rassemblés donnent naissance au corps et à la forme, tous les deux aussi faux qu'éphémères.
L'on oublie le vrai et la base, et l'on considère comme réel le mensonge et le faux. Alors, garçons ou filles, qu'ils soient beaux ou laids, tous s'élancent éperdument, lâchant la bride à leurs désirs et aucun ne pense à revenir sur ses pas pour retourner à son être véritable. Dans cette course effrénée sur la route de la vie et de la mort, ils perdent toute leur nature originelle. Les yeux rivés à la perception du monde extérieur, personne ne pense à détourner la tête et à regarder en lui-même. Soumis à la loi du changement continu dès la naissance, partout et toujours, chacun ne fait que parler de rêve, tout en rêvant. S'agitant et se démenant, chacun prend le faux pour le vrai, tourne le dos à la doctrine du Néant et recherche l'Apparence.
On pare de fleurs et de jade ce crâne nu comme un puisoir, on parfume de musc et de santal cette poche de peau fétide qu'est le corps. On taille de la soie fleurie pour envelopper ce sac de pus et de sang, on met du fard sur cette tinette de matières fécales. Toutes ces parures extérieures cachent un fonds d'ordures. Incapable d'avoir honte de ce corps malsain, pis encore, on lui voue un véritable culte.
Les humains en grande majorité sont comme des marionettes mues par des ficelles. Maniés, ils semblent bien vivants; laissés à eux-mêmes; c'est la mort véritable. Les ruses et les stratagèmes proviennet de l'offensive des six brigands (5). On ne se soucie guère de l'arrivée prochaine de la vieillesse, de la maladie, de la mort, on se livre aux passions de l'alcool, de la concupiscence et de l'argent. Pour des avantages mesquins plus petits qu'une tête de mouche ou une corne d'escargot, on se résigne à être mis aux fers de l'interêt et enchaîné par les rênes des honneurs. Le jour se passe à poursuivre les vains plaisirs, la nuit est tourmentée par des cauchemars. S'accumulent les mauvaises actions, comme des couches de boue au fond d'un puits, sans que l'on prenne conscience que déjà les cheveux blanchissent comme du givre.
Un beau matin, la maladie contractée s'exaspère et la vie de cent ans se réduit à un grand songe. Les entrailles vous torturent comme d'inplacables ennemis, le corps évoque celui d'un diable mort de faim. Pourtant, on cherche encore à faire des sacrifices en vue de prier les esprits et de changer son destin, mais on ignore qu'une telle action entraîne la mort des animaux et porte atteinte à la vie (6). Aspirant à une existance aussi longue que les pins séculaires, on oublie que son corps n'est rien moins qu'une maison délabrée.
Les esprits vitaux se rendent déjà aux enfers, mais le cadavre reste parmi le monde humain. Les cheveux et les poils, comme les ongles et les dents, n'ont pas encore le temps de se décomposer, que déjà les sécrétions et les mucus apparaissent. La putréfaction commence par le pus et le sang, les miasmes infectent ciel et terre. Qu'elles sont horribles à voir, ces enflures noirâtres, comme ces marques bleues! Riches et pauvres, tous sont sujets à la mort. Le cadavre est-il enfermé dans la maison, des vers apparaissent avec la décomposition. Est-il jeté sur la grande route, il sera la proie des corbeaux comme des chiens. Le passant doit se boucher le nez en poursuivant son chemin, le fils pieux verse un panier de terre pour cacher le corps. Les ossement une fois ramassés et enterrés, le cercueil est confié à la garde d'une luciole solitaire, la tombe est abandonnée dans les montagnes désertes, à dix mille lieues de distance. Le visage rose couronné de cheveux bleus d'autrefois devient de cendre verte mêlée à des os blancs.
Tran Thai Tong, extrait du Khoa Hu Tap ou Livre de la pratique du vide.
(1): Traduction, présentation et notes (pour partie) extraites de Mille ans de littérature vietnamienne, une anthologie paru aux éditions Picquier poche.
(2): Terme bouddhique: le « corps apparent » (sac than) est l'opposé du « corps réel » (chan than).
(3): Nghiêp: Karma. Acte psychique, bon ou mauvais de la vie présente, qui entraîne rétribution ou sanction dans l'existance suivante – Enchaînement des causes qui produit les renaissances successives.
(4): « Ngu uân », terme bouddhique désignant les cinq moyens de prise de conscience du monde extérieur: sensation, perception, imagination, action, connaissance qui en « se rassemblant », engendrent le corps.
(5): « Luc tac »: les six sources de la tentation, considérées comme les six ennemis de la perfection bouddhique: la beauté, les sons, le parfum, le goût, le toucher, la pensée.
(6): Le Bouddhisme considère toute forme de vie sur un pied d'égalité.
17:33 Publié dans Philosophie, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vietnam, bouddhisme, corps
08.05.2008
Nécrologie
Aimé Césaire et Germaine Tillon nous ont quittés. Ils représentaient à eux deux toute l'étendue de la richesse française, et si Aimé Césaire est plus connu du grand public Germaine Tillon reste à mes yeux une des grandes figures du 20ème siècle. D'une ouverture d'esprit et d'une lucidité stupéfiante, cette « vieille dame » savait comprendre toutes les époques.
Vincent BUI HUU TAI
11:19 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nécrologie, tillon, césaire
